Biographies
Le temps n’existait plus,
lorsque j’ai cessé d’appartenir au monde matériel.
Le temps s’était effacé,
lorsque mon âme s’est éteinte.
J’étais seule, perdue au fond d’un royaume oublié depuis des siècles.
Et pourtant, une lumière m’a trouvée —
ou peut-être était-ce moi qui l’ai cherchée sans le savoir.
Une lueur bleu clair, parsemée d’étoiles sombres,
s’est glissée jusqu’à moi comme un souffle d’espoir.
Je ne me souviens plus de celle que j’étais.
Qui suis-je vraiment ?
Pourquoi ai-je été bannie de ce monde ?
Je n’étais pas morte, non…
mais exilée, rejetée,
interdite de franchir les portes de ma propre existence.
Ma mémoire s’effrite,
et peut-être qu’en explorant les cendres de mon passé,
je pourrais enfin comprendre.
Dans ce vide, j’ai sombré dans la folie.
Tout était vide,
déchiré,
perdu aux confins d'un univers qui n'existe pas.
Quel péché ai-je commis pour mériter un tel châtiment ?
Là où je suis, il n’y a rien.
Rien… et pourtant, tout semble pouvoir exister.
Des formes d’êtres, des paysages suspendus dans le vide,
des animaux paisibles respirant sans air.
C’était beau — et terrifiant.
J’ai voulu fuir.
Mais je suis tombée encore plus bas,
dans un monde où même l’existence semblait interdite.
C’est là qu’Elle est apparue.
Une présence sans forme, sans visage —
vide, comme le monde autour de moi.
Elle m’a tendu une relique
et m’a murmuré d’une voix d’écho :
« La création est un art,
la destruction aussi.
Mais l’inexistence de l’une comme de l’autre
n’est ni art, ni chaos —
c’est une volonté. Une passion. »
Ces mots m’ont tourmentée.
Ils n’avaient aucun sens,
et pourtant, ils vibraient dans mon esprit comme une vérité interdite.
J’ai jeté la relique —
alors un nuage étincelant s’est approché de moi.
La paix m’a enveloppée,
et je suis tombée au sol,
soulagée, éteinte.
C’est ainsi que j’ai compris.
Mon grand péché fut d’avoir défié les divinités de mon monde.
Je suis Yukry,
et voici le récit tragique
de mon errance à travers les mondes,
lors du Vᵉ siècle.