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Chapitre 4 - L’Éveil de la Fureur

Après avoir essuyé une lourde défaite face aux anciennes races robotiques, les Protorbots regagnèrent leur territoire afin de panser leurs plaies et de reprendre des forces.

Protobot, fils du chef des Protorbots, découvrit alors que son père, Rotob’Bot, était grièvement blessé et rongé par une maladie incurable. Alité, le chef de la destruction lui confia ses dernières volontés :
s’il venait à mourir, Protobot devait reprendre le flambeau et poursuivre les conquêtes de territoires, afin d’accroître richesses et puissance sur Technobot.

Mais Protobot, profondément attaché à son père, refusa. Pour lui, l’avenir ne devait pas être bâti sur la guerre. Il rêvait de paix et d’harmonie, afin de préserver ce qu’il chérissait le plus au monde : la vie de Rotob’Bot.

Le vieux chef, implacable, rejeta cette vision.

 

Selon lui, il n’existait ni paix ni harmonie tant que les Protorbots ne dominaient pas totalement Technobot. Seules de nouvelles ressources pouvaient leur permettre d’améliorer leurs troupes, de poursuivre leurs conquêtes et de mettre la main sur la puce légendaire : l’Hectopuce.

Malgré ses blessures et son état déclinant, Rotob’Bot ordonna un nouvel assaut. Sa cible : le territoire de Mech’Terdes, où se trouvait une bibliothèque numérique renfermant des informations confidentielles…

Lorsqu’ils arrivèrent dans le Royaume des Méchasmes, Protobot supplia son père de faire preuve de sagesse et de ne pas user de violence contre ce peuple. Mais Rotob’Bot, fidèle à sa nature, refusa catégoriquement : pour lui, la seule manière d’obtenir des informations était par la force et la destruction.

Ignorant cet ordre, Protobot choisit une autre voie. Il s’approcha d’un soldat Méchasme et lui demanda où trouver des ouvrages liés aux artefacts magiques et interdits. Le soldat, droit et fier, lui répondit que ces connaissances devaient rester protégées dans leurs sanctuaires, afin d’assurer la sécurité de leur monde.

Protobot insista, lui demandant si un partage d’informations serait possible, ne serait-ce que pour améliorer leurs armements. Mais le Méchasme resta inflexible : utiliser de tels artefacts à des fins militaires mettrait en péril l’équilibre de Technobot.

À son retour, Protobot rapporta la réponse à son père. Rotob’Bot entra alors dans une colère noire et ordonna l’extermination du Royaume des Méchasmes. La bataille fut sanglante et sans pitié. Malgré leur résistance acharnée, les Méchasmes furent massacrés.

Les Protorbots mirent la main sur les précieuses archives, découvrant enfin le chemin vers la légendaire Hectopuce.

Mais ce triomphe eut un prix terrible. La plupart des Méchasmes furent réduits en cendres, et les rares survivants furent contraints de s’exiler dans les confins de l’espace. Loin de Technobot, ils errèrent jusqu’à trouver refuge sur un royaume oublié, un monde désert de toute autre forme de leur espèce…

Lorsque Rotob’Bot déroula l’ancien parchemin lié à l’artefact, il découvrit une vérité oubliée : la Hectopuce se trouvait bien dans les Champs d’Argelune, dissimulée dans un temple ancien érigé par le peuple des Lunargenix.


Le texte révélait une énigme mystérieuse :

« La fureur du feu fulgurant et la morsure du froid glacial de Drakstone se fondront en une arme forgée par nos mains, offerte à celui qui vaincra le Gardien sacré. Alors seulement la puce te sera confiée. »

Mais Rotob’Bot ricana et jeta le parchemin au sol.
« Balivernes et superstitions ! Si cet artefact existe, je l’obtiendrai par la force ! »

Sans plus attendre, il mena ses troupes vers les terres d’Argelune.

Là, il fit face à l’armée des Lunargenix. Plus puissants et redoutables que les Protorbots, leurs frappes secouaient le ciel. La nuit fut embrasée par un affrontement titanesque : la lueur rouge des Protorbots s’entrechoquait avec l’éclat vert des Lunargenix, illuminant les ténèbres comme deux soleils en guerre.

Face à cette menace, l’un des chefs Automates lança un appel désespéré à tout le peuple de Technobot :
« Peuples libres ! Rejoignez-nous dans cette bataille ! Car si les Lunargenix tombent, c’est tout notre avenir qui s’éteindra ! »

Peu à peu, des renforts affluèrent, compliquant encore la tâche des Protorbots. Protobot, inquiet, supplia son père d’arrêter l’assaut. Mais Rotob’Bot, affaibli par sa maladie et voyant ses troupes s’effondrer, n’écouta pas. Dans un dernier acte de folie, il invoqua la puissance divine de la destruction.

Une lumière aveuglante balaya alors les Champs sacrés d’Argelune. Tout fut consumé. Les forêts, les pierres, les sanctuaires… réduits en poussière. Lorsque la fumée retomba, le temple Lunargenix n’était plus qu’un amas de ruines.

Mais au milieu de ces décombres surgit une silhouette mystérieuse. Un robot, rapide et furtif, aux mouvements presque surnaturels. En un éclair, il bondit vers Rotob’Bot, déploya son canon et tira une rafale d’énergie si puissante qu’elle projeta le chef des Protorbots loin des terres sacrées.

La fumée se dissipa lentement, révélant la silhouette du robot mystérieux. À la stupeur générale, il était l’un des leurs : un Protorbot. Pourtant, son regard différait. Il n’était pas venu pour la conquête, mais pour une mission plus grande : rétablir l’équilibre et punir ceux qui oseraient détruire un peuple ou convoiter les artefacts interdits.

Protobot, déterminé à protéger son père, se lança à l’assaut. Mais l’inconnu l’ignora, d’un geste fulgurant il le projeta loin de Rotob’Bot avant de s’approcher du chef mourant.

Les soldats tentèrent d’intercepter ce traître insaisissable, mais sa vitesse et son intelligence surpassaient tout ce qu’ils connaissaient. En un éclair, il détruisit les véhicules militaires et lança un ultimatum glacial :
— Fuyez… ou mourez.

Rotob’Bot, aveuglé par la haine, refusa de céder. Il aperçut, au milieu des ruines, un éclat d’énergie : l’artefact. Rassemblant ses forces, il tenta de s’en emparer. Mais l’inconnu, plus rapide que la lumière, le devança. Son vaisseau fendit le ciel, l’artefact en main.

Dans un dernier élan, Rotob’Bot ordonna la poursuite… mais aucun de ses soldats n’obéit. Seul, il s’élança pour rattraper l’ennemi. L’autre se retourna, déploya son canon, et dans un déluge d’énergie foudroyante, acheva le chef des Protorbots.

Un cri déchira alors la plaine.


Protobot hurla sa douleur, son chagrin se changeant en furie. Ses yeux s’embrasèrent de larmes de lave. Il jura vengeance, héritant malgré lui de la volonté sombre de son père : détruire, dominer, et réduire Technobot à la seule existence des Protorbots.

Son rugissement galvanisa les troupes survivantes. Mais l’inconnu, épuisé par le combat, disparut dans les ombres, laissant derrière lui un carnage indescriptible.

 

Les Lunargenix furent exterminés, leur mémoire scellée sous le sang et les cendres.

Alors que le silence retombait, un éclair fendit le ciel. La foudre s’abattit sur les Champs d’Argelune, libérant une magie inconnue. Cette puissance ancestrale érigea une barrière invisible, bannissant tout être vivant des lieux sacrés.

 

Désormais, Argélune n’était plus un champ… mais une tombe de ruines cendrées, protégée par un voile mystique.

Protobot et ses troupes, vaincus mais toujours vivants, regagnèrent leur territoire ProtoVolcanique. Là, dans les flammes et les ténèbres, ils commencèrent à préparer leur revanche. Une nouvelle bataille se profilait à l’horizon.

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