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Chapitre 5 - L’Amitié Brisée

Après la terrible bataille des Champs d’Argelune, Technobot tout entier semblait ployer sous la fatigue et la désolation. Les armées s’étaient brisées, les terres sacrées étaient réduites en ruines cendrées… mais une force restait encore debout : les Protorbots.

Au cœur de leur retraite, Protobot, consumé par la perte de son père et par sa nouvelle soif de conquête, trouva refuge dans la forteresse ardente de Volcanotrix.

 

C’est là, au milieu de la lave grondante et des archives de guerre, qu’il entreprit de fouiller les anciennes chroniques de conquêtes laissées par Rotob’Bot.

Il découvrit alors la mention d’une région encore inexplorée, dissimulée au-delà des frontières d’Hectomate. Une terre mystérieuse, située entre les confins de Neutre’Bot et ceux d’Hectomate. Protobot y vit une occasion : établir une nouvelle base stratégique, un bastion avancé destiné à préparer le futur assaut contre Hectomate.

Désormais, son plan était clair : étendre sa domination en silence, bâtir sa puissance dans l’ombre et frapper à nouveau lorsque le monde serait le plus vulnérable.

Mais lorsque je découvris que le peuple de la destruction cherchait à bouleverser l’équilibre, mon rôle de chef des Automates m’imposa un devoir : rétablir l’harmonie de Technobot. Pour cela, il n’existait qu’une seule voie : retrouver Hectobot… et réparer le cœur de Rotob'bot. Car c’était le seul moyen de le libérer de l’ordre implacable que son père avait inscrit dans son système.

Alors que je me préparais à voyager dans l’espace, l’un de mes généraux Automates vint m’avertir. Il avait découvert les prémices d’une invasion, surgissant aux frontières de Neutre’Bot et d’Hectomate. Je lui répondis que je ne pouvais intervenir : d’autres devoirs m’appelaient. Mais il insista, rappelant que seul moi avais la force de repousser cette menace.

Il avait raison. Lorsque je posai le pied sur les terres sacrées de Néthomara, je vis une armée entière de Protorbots, alignée, prête à s’abattre… non pas sur nous, mais sur une autre race robotique oubliée.

Je ne pouvais les laisser périr ainsi. Mon devoir était de protéger l’innocent. Alors, j’activai mon module de protection et mis à l’abri le plus grand nombre possible. Puis je fis appel à la magie de ces terres anciennes, une puissance mystérieuse qui coula dans mes circuits et amplifia ma force.

Grâce à ce pouvoir, je repoussai vague après vague de troupes ennemies. Mais soudain, il apparut : Protobot, paré de son nouvel arsenal. Derrière lui, des chars massifs, des méchas blindés, et même des escadrilles de chasse robotique. La bataille devint un enfer : mes attaques ne suffisaient plus. Les terres se transformèrent en un champ de désolation.

Alors, la magie me guida encore. Une brume étrange se leva, enveloppant le champ de bataille, et dans son sillage… l’armée entière des Protorbots fut anéantie. Seul Protobot demeurait debout, face à moi.

Et ainsi débuta notre duel, un combat singulier qui allait décider bien plus que de nos vies.

Le premier échange fut presque irréel : je lançai, avec un sourire moqueur, que j’allais le faire pleurer… mais pas des larmes de pétrole. Protobot, dans un ricanement métallique, me rétorqua que ce seraient des larmes d’essence qui couleraient de mes yeux.

Sans plus attendre, il déploya son canon explosif et tira une décharge foudroyante. J’esquivai de justesse, la chaleur de l’explosion brûlant l’air derrière moi.

Alors, je brandis l’Épée de Lunargenix, le don sacré que m’avaient confié les créatures mythiques. Jusqu’ici muette, l’arme vibra soudain entre mes mains, résonnant avec la magie ancestrale des terres de Néthomara. Pour la première fois… elle s’éveillait.

Je sentais qu’elle m’échappait, comme si une force invisible l’attirait ailleurs, guidée par une entité que je ne pouvais comprendre. Protobot chargea, son épée tranchante prête à me fendre. J’interceptai son coup : le choc fit jaillir une explosion d’énergie magique qui secoua le sol lui-même.

L’épée devint incontrôlable. Dans un ultime effort, je la lançai… mais au lieu de tomber, elle se transforma. La lame prit corps, se métamorphosant en une entité lumineuse qui fonça droit sur Protobot, le percutant de toute sa puissance avant de redevenir une simple épée dans mes mains.

Protobot, abasourdi, recula. Ses yeux flamboyants fixaient l’arme avec stupeur.
— « Cette épée… C’est elle ! L’artefact que mon père cherchait… forgée par les Lunargenix eux-mêmes… »

Mais je savais que je ne pouvais poursuivre ce combat. Alors, j’activai mon module sismique, appelant à moi la force de la nature sauvage de Néthomara. Le sol trembla, les vents hurlèrent, et les terres sacrées rugirent en ma faveur.

Protobot, accablé par cette puissance, recula à son tour. Sa voix résonna dans le chaos :
— « Tu as gagné cette fois… mais je reviendrai. »

Puis il se replia, disparaissant dans l’ombre des terres sacrées, tandis que je demeurais seul, l’épée bleue à la main, conscient que ce duel n’était qu’un prélude à une guerre encore plus grande.

Lorsque je regagnai mon quartier général de Xarnos, une seule pensée m’obsédait : percer le mystère de l’Épée mythique des Lunargenix. Mais pour obtenir des réponses, il me fallait consulter ceux qui en savaient le plus… les Méchasmes. Or, leur peuple avait été exterminé.

J’ordonnai à mon général de garder nos terres sous surveillance durant mon absence, puis je partis explorer Technobot, en quête d’indices.

C’est au milieu des plaines désolées de Grash’Tal que je l’aperçus. Une silhouette solitaire, avançant dans ces terres maudites où nul n’osait poser le pied. Lorsque je me rapprochai, je découvris son visage… un Protorbot. Mais pas comme les autres. Il se présenta sous le nom de Kid.

Kid n’était pas un inconnu. Autrefois, il avait été l’un des plus grands champions de l’arène de Volgarion, redouté et admiré. Mais surtout… il avait été le meilleur ami de Protobot. Une amitié forgée dès l’enfance, indestructible. Jusqu’au jour où Rotob’bot, le père de Protobot, décida de transformer son fils en arme vivante.

Kid s’y opposa. Il osa lever la main contre son propre chef, refusant de laisser Protobot être réduit en simple outil de guerre. Dans un acte de trahison retentissant, il affronta Rotob’bot et parvint à l’affaiblir. Puis, il s’enfuit avec Protobot, le conduisant loin des territoires Protorbots, jusque dans un coin caché et paradisiaque de Grash’Tal.

Protobot, encore jeune, avait peur de ce qu’il deviendrait. Mais Kid jura de le protéger, coûte que coûte. Il alla jusqu’à lui confier un artefact interdit : une relique capable d’invoquer la divinité de la destruction. Une arme si dangereuse qu’elle pouvait anéantir un territoire entier… mais utilisée une seule fois, elle pouvait aussi rétablir l’équilibre.

Leur fuite ne dura pas. Rotob’bot retrouva Kid, le fit capturer et enfermer. Son procès divisa les Protorbots : certains réclamaient sa destruction immédiate, d’autres, admirateurs de ses exploits, le défendaient. Mais Kid choisit l’impossible : il fit exploser sa prison et s’enfuit. Hélas, il fut rattrapé par un missile surpuissant qui l’anéantit.

Du moins, c’est ce qu’ils crurent. Car des années plus tard, avant l’invasion de Grash’Tal, Kid s’éveilla de nouveau. Réparé, reconstruit, transformé. Plus rapide, plus fort, optimisé… par qui ? Nul ne le savait. Mais certainement pas par les Protorbots.

Voilà ce qu’il me confia. Son histoire, sa trahison, son amitié brisée, son repentir. Il savait que tuer le père de Protobot avait déclenché un désastre irréversible. Mais il ne cessait de se demander : avait-il eu tort… ou avait-il évité pire ?

Je lui répondis que le plus grave n’était pas son geste, mais ce qu’il avait engendré : un Protobot devenu incontrôlable. Kid comprit alors. Il accepta de m’aider à percer le secret de l’Épée.

— « Seuls les Méchasmes connaissaient la vérité sur les artefacts », me dit-il. « Mais ils ont disparu de Technobot. Si tu veux des réponses… elles se trouvent désormais dans les étoiles. »

Ainsi, nous traçâmes notre route vers Neutre’bot, et plus précisément vers les Terres des Constellations, là où les astres guidaient le destin. Car c’est dans une constellation perdue que se trouvait notre prochain voyage… et peut-être, le salut de Protobot.

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