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chapitre 3 - Les Cendres d’Argelune

Après la conquête du territoire des Automates, une tension insoutenable s’éleva entre les deux grandes races robotiques. L’un des chefs des Automates se présenta devant Rotob’Bot et lui ordonna de quitter leur terre natale.

 

Mais le chef de la destruction, implacable, répondit qu’il recherchait un artefact d’une puissance inégalée, et que pour l’obtenir, il devait s’emparer de ce territoire coûte que coûte.

Le chef des Automates s’opposa fermement : jamais une terre aussi emblématique de Technobot ne devait tomber entre les mains des Protorbots. Mais Rotob’Bot, indifférent aux traditions comme aux menaces, ignora ses avertissements. Dans un élan de fureur, il donna l’ordre à ses armées de frapper… et ainsi commença le massacre des Automates.

Les Protorbots sous-estimèrent la ténacité des Automates, pourtant bien trop faibles pour rivaliser en puissance. Rassemblant le peu de troupes qu’il leur restait, les Automates parvinrent à repousser l’ennemi de quelques mètres seulement, une victoire dérisoire face au torrent de destruction qui s’abattait sur eux.

Furieux de cette résistance inattendue, Rotob’Bot ordonna un bombardement fulgurant : une pluie de feu et de métal s’abattit du ciel, réduisant le territoire en ruines incandescentes.Mais cette dévastation eut une conséquence imprévue.

 

Les secousses réveillèrent d’antiques créatures mécaniques, des races robotiques mythiques dont l’existence même avait sombré dans l’oubli.

Elles émergèrent des profondeurs comme une légende vivante, non pas pour défendre les Automates… mais pour punir les Protorbots qui avaient osé souiller ces terres sacrées, terres offertes jadis à la divinité de l’Avenir.

Lorsque ces créatures surgirent des entrailles de la terre, elles déchaînèrent une pluie de plasma incandescent, forgée dans la puissance maudite de l’Hexortaclypse. Les légions Protorbots, écrasées par cette furie, tentèrent de battre en retraite… mais Rotob’Bot, implacable, ordonna un assaut ultime, une attaque dévastatrice censée balayer toute résistance.

La terre trembla. L’explosion embrasa les forêts, réduisit les arbres en cendres, assombrit le ciel d’un voile gris étouffant. L’air lui-même devint suffocant, empli d’une chaleur infernale. Les Automates, déjà décimés, ne comptaient plus que quelques survivants. Pourtant, malgré leurs pertes, les Protorbots revinrent à la charge, leur nombre écrasant prêt à achever le chef des Automates.

Mais les créatures mythiques, consumées par une colère ancestrale, jugèrent l’affront insupportable. Elles invoquèrent alors une puissance interdite : la divinité de la Destruction, entité que nul n’osait appeler de peur d’en subir la fureur. Dans un rugissement cosmique, cette force s’abattit sur le champ de bataille, annihilant les armées Protorbots et frappant Rotob’Bot et Protobot de blessures mortelles. Le silence retomba, lourd et sacré, sur un territoire désormais marqué à jamais du sceau de la ruine.

Tout fut enseveli sous la poussière et les débris. Ce jour-là, je fus brisé. Pour la première fois, je compris ce que signifiait perdre l’équilibre d’un monde : la douleur de la désolation, la colère des innocents, et la tristesse des survivants de Technobot.

Au milieu de ce chaos, une silhouette se dessina dans la brume. Elle s’approcha de moi et me parla dans une langue ancienne que je ne pouvais saisir. Pourtant, dans un geste solennel, elle plaça entre mes mains une épée tranchante, d’un bleu éclatant.

 

Je ne compris pas le sens de ce don mystérieux… mais j'ai su que ce territoire dévasté n’était pas abandonné. Les créatures mythiques avaient repris ces terres, dressées contre quiconque oserait troubler leur équilibre.

L’une d’elles, me considérant comme un frère d’essence, parla en mon nom. Elle déclara que les Protorbots avaient commis l’irréparable en brisant l’harmonie de nos mondes. Puis, d’une voix grave, elle m’annonça que deux êtres de la race oubliée des Hexomates vivaient encore sur Technobot. Mes blessures rendaient difficile ma foi en ses paroles, mais son regard portait la vérité. Pourtant, leur existence demeurait menacée par une puissance plus sombre encore, une menace dont le nom lui-même ne devait pas être prononcé.

Je demandai à en savoir davantage. C’était une décision sage. Car il me fut révélé qu’avant notre temps, bien avant l’aube des premières races, existait un peuple ancien : les Tel’Terosmiques, forgerons d’harmonie et gardiens de la divinité de l’Amour et de la Paix.

Mais l’amour et la paix qu’adoraient les Tel’Terosmiques se transformèrent, avec le temps, en une sombre corruption. La plupart d’entre eux furent consumés, dévoyés de leur essence première. Pourtant, quelques survivants échappèrent à ce destin et se dispersèrent dans des terres lointaines, aux confins inexplorés de Technobot.

Je leur demandai alors : quel rapport existe-t-il entre les Protorbots et cette ancienne légende ? Ils me répondirent que les Tel’Terosmiques possédaient jadis un lieu de culte sacré, un sanctuaire capable d’invoquer la grande divinité de l'amour et de la paix. Mais aujourd’hui, plus personne n’ose croire à ce récit ancien. Quand je leur dis que nul ne croirait à une telle légende, ils répliquèrent :

« Beaucoup d’entre nous ont négligé la volonté d’apprendre, oubliant nos origines et les ancêtres qui nous ont précédés. »

L’épée qu’ils m’offrirent portait ce souvenir.

 

Elle avait appartenu à l’un de leurs plus grands chefs, disparu jadis lors d’un cataclysme oublié. Cette lame sacrée, connue sous le nom d’Épée de Lunargenix, fut forgée à l’aube de Technobot lui-même.

Ainsi s’éteignit le peuple des Lunargenix, englouti par l’oubli sur les terres des Champs d’Argelune. Ces champs, désormais réduits en cendres, abritent à présent l’éveil d’une nouvelle population robotique, issue des profondeurs de l’histoire et revenue à la surface de Technobot.

Mais une chose demeure certaine : dans le monde matériel, les Hexomates existent toujours.

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