top of page

Chapitre 8 -Le Serment de l’Équilibre

Nous étions arrivés sur les terres arides de Mechterox. La nuit tombait, et moi et Kid scrutions le ciel, cherchant la constellation qui devait nous guider vers l’espace. Le désert s’étendait à perte de vue, silencieux et sans trace de civilisation.

Mais ce silence fut brisé : au loin, nous distinguâmes des troupes de Protorbots, en patrouille. Cela faisait déjà plusieurs mois que nous avions quitté la montagne, et je ne savais pas si nos terres étaient encore en sécurité malgré la garde confiée à mon plus grand général. Pourtant, voir ces machines rôder à Mechterox, précisément à l’endroit où nous devions nous trouver, éveilla mes soupçons. Que faisaient-elles ici ? Il fallait en avoir le cœur net.

Je voulus m’approcher, mais Kid m’arrêta. « Laisse-moi faire », dit-il. Il connaissait trop bien les siens et savait comment détourner ou briser un Protorbot.

À peine s’avança-t-il que les gardes l’aperçurent. Le général des troupes ordonna aussitôt :
— Feu sur l’intrus !

Mais Kid n’était pas un simple Protorbot. Ancien champion de l’arène de Volgarion, il avait déjà terrassé des adversaires bien plus redoutables. Seul, il affronta l’escouade entière. Les flammes et les éclats de métal jaillirent dans la nuit. Quand la poussière retomba, il n’y avait plus que Kid debout, victorieux.

Sous le choc, le général tenta de fuir pour prévenir son chef… mais un missile, lancé depuis ses propres rangs, le frappa de plein fouet. Son corps s’effondra dans le sable brûlant de Mechterox.

Kid revint vers moi, essoufflé mais déterminé :
— Il faut partir. Ils ne doivent pas apprendre que nous étions ici.

Nous tombâmes alors sur un vaisseau Protorbot abandonné. Sans perdre de temps, nous montâmes à bord. Kid prit les commandes, ses yeux reflétant la lumière des étoiles. Le vaisseau s’éleva dans le ciel… et nous prîmes la route vers l’espace, là où tout avait commencé depuis le tout premier jour.

Lorsque nous atteignîmes enfin l’espace, je fus émerveillé par le spectacle : d’immenses planètes aux couleurs éclatantes, des étoiles flamboyantes filant comme des éclairs stellaires. C’était un univers d’une beauté insaisissable. Pourtant, notre vaisseau n’était pas rapide ; le temps semblait s’allonger, rythmé par le défilement des constellations.

Notre objectif était clair : trouver Boom’Tech, la planète explosive où les derniers Hexomates pouvaient peut-être survivre. Mais malgré nos efforts, nous ne trouvions rien. Même les Méchasmes semblaient absents de l’espace. Petit à petit, l’espoir s’éteignait. Jusqu’au moment où nous découvrîmes quelque chose d’inattendu : une civilisation installée dans l’espace lui-même, défiant la dangerosité de ce vide infini.

Nous atterrîmes sur une vaste plateforme, ornée d’emblèmes étranges : une tête robotique coiffée d’un casque en forme de bouclier, surmontée de deux pistolets croisés. Intrigués, nous explorâmes la zone, mais rapidement, une escouade de soldats nous intercepta.

 

Brutalement, ils nous frappèrent, confisquèrent nos équipements et même nos provisions.

— Pourquoi cette violence ? demandai-je. Nous ne faisons que visiter !

Leur chef répliqua froidement :
— Vous avez été détectés comme une menace potentielle.

Je compris immédiatement : ils parlaient de Kid. Sa nature de Protorbot le condamnait sans procès. Kid, accoutumé à cette injustice, soupira de lassitude, mais ne protesta pas. Nous fûmes jetés en cellule.

Un peu plus tard, les gardes revinrent. D’abord, ils emmenèrent Kid, puis vinrent me chercher à mon tour. À ma grande surprise, je découvris enfin la vérité : nos geôliers n’étaient autres que des Méchasmes ! Une partie de leur peuple avait survécu en exil, bâtissant ici leur refuge secret. Leur chef se présenta : Mechastrophe.

Il me fixa avec sévérité, puis pointa son doigt accusateur vers Kid.
— Ta présence ici est une insulte. Les Protorbots ont exterminé notre peuple, et l’un des leurs ose fouler notre sanctuaire ? Il sera jugé.

Je m’interposai aussitôt :
— Kid n’est pas votre ennemi ! La véritable menace, c’est Protobot. Lui seul porte la folie destructrice de votre extinction.

Mais mes paroles ne trouvèrent pas écho.

 

Leur rancune était profonde, ancrée par des siècles de douleur. Pour eux, Kid représentait le sang versé, et rien ne pourrait effacer ce souvenir.

J’insistai malgré tout, leur proposant même une idée : réparer Rotob’Bot, leur ancien chef, afin de contrer Protobot. Kid se frappa le front, désespéré. J’avais commis une erreur. Mes mots avaient jeté de l’huile sur le feu. Les Méchasmes, furieux, ordonnèrent notre exécution.

Nous réussîmes à fuir nos geôliers, mais leur connaissance parfaite de cet endroit rendait chaque fuite vaine. Ils nous retrouvaient à chaque détour, comme s’ils lisaient nos mouvements dans un livre ouvert.

À bout de patience, Kid décida d’agir. Sa force se déchaîna : il assomma plusieurs gardes d’un seul coup de poing. Mais ce n’était que le début.

 

Mechastrophe fit appel à son atout ultime : une créature colossale, domptée pour défendre leur peuple. Elle nous chargea.

Ses griffes massives saisirent Kid, mais il ne céda pas. Sa chaleur ardente brûla la peau métallique de la bête, le forçant à relâcher son emprise. Profitant de l’ouverture, nous courûmes vers un entrepôt. Là, nos équipements étaient stockés.

Mais encore une fois, les gardes surgirent pour bloquer l’entrée. Kid les balaya sans pitié, les laissant inconscients sur le sol. Nous récupérâmes enfin nos affaires… mais trop tard : notre vaisseau venait d’être détruit. Leur plan était clair. Ils savaient que nous tenterions de fuir… et nous avaient piégés dans leur territoire.

Nous étions encerclés.
La rage de la bête et l’écrasante supériorité des soldats et des véhicules ennemis nous poussaient au désespoir. Tout semblait perdu… jusqu’à ce qu’un espoir jaillisse.

Un éclat de lumière blanche, aveuglante, déchira l’espace. Les troupes s’immobilisèrent, frappées de stupeur. Et moi aussi, je restai figé. Car devant nous se dressait un être céleste… Loï’Mech, le chef des Méchasmes.

Je n’en croyais pas mes yeux. On m’avait toujours dit qu’il était mort, tombé au cœur de la guerre. Mais là, il se tenait devant nous, transcendé, devenu une divinité vivante. Toute l’armée, le peuple présent et même la bête s’inclinèrent et se prosternèrent, comme en adoration devant un dieu.

Loï’Mech s’avança vers moi. Sa voix résonna comme un tonnerre calme :
— Méfie-toi des Protorbots.

Son regard se posa sur Kid. Encore une fois, il était pointé du doigt. Kid, fatigué de cette injustice, laissa éclater sa colère :
— Assez ! Je ne suis pas un monstre. Cessez de me traiter comme un tueur !

Mais Loï’Mech ne répondit pas par la condamnation. Au contraire, il parla avec gravité :
— Oui, les Protorbots ont commis de graves péchés. Ils méritent le châtiment, un royaume de souffrances éternelles. Mais toi, Kid… en toi, j’ai vu une sagesse. Même marqué par les fautes de ton peuple, tu as compris l’essence de l’équilibre. Pour cela, tu peux être pardonné… à condition de réparer ce qui a été brisé.

Je pris alors la parole :
— Le seul moyen de sauver Protobot est de réparer Rotob’Bot, son père. C’est la seule voie pour lui rendre sa sagesse et le détourner du chaos.

Loï’Mech acquiesça lentement.
— Je suis fier qu’une race ait choisi le chemin juste. Pour cela, je te confie un artefact protégé par les Gardiens : la puce sacrée… l’Hectopuce, forgée par Hectobot lui-même.

Je fus abasourdi. La légendaire puce que nous cherchions reposait désormais entre mes mains.

Puis Loï’Mech nous révéla une dernière vérité :
— Quant aux Hexomates… deux d’entre eux ont survécu. Mais je ne peux garantir que vous les trouverez tous deux. Ce que je sais, c’est qu’un seul vit encore, sur Boom’Tech. Du second… nul ne connaît le sort.

Nous nous inclinâmes devant l’être céleste en signe de gratitude. En retour, il nous offrit un vaisseau flambant neuf, plus rapide, plus puissant, prêt à affronter les dangers de l’espace. Et ainsi, notre voyage reprit. Nous atteignîmes enfin la planète Boom’Tech.

 

Quels secrets renfermait-elle ?

bottom of page